Nous avons rassemblé ici quelques ressources pour celles et ceux qui s’interrogent sur la place et le rôle de l’interprète dans la relation de soin. La barrière de la langue peut en effet constituer un obstacle important à l’accès aux soins et à la qualité de la relation thérapeutique. Le recours à un interprète professionnel permet de faciliter les échanges, mais il transforme aussi la rencontre clinique en y introduisant un troisième acteur. Selon les situations, l’interprète peut également jouer un rôle dans la médiation culturelle et contribuer à la construction de l’alliance thérapeutique. Cette configuration particulière invite à penser la collaboration entre thérapeute et interprète : elle repose notamment sur un cadre clair, des attentes explicitées et une reconnaissance des compétences, du rôle et des limites de chacun. Ces ressources proposent ainsi des repères concrets pour mieux comprendre et accompagner le travail clinique avec interprète, au bénéfice des personnes accompagnées comme des professionnels.

Interprétariat

Guide pour la médiation interculturelle dans les soins de santé

Verrept, H., & Coune, I. (2016), Service public fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement.

Le Guide pour la médiation interculturelle dans les soins de santé vise à garantir aux migrants et minorités ethniques (MEM) une égalité d’accès et de qualité des soins en réduisant les obstacles majeurs tels que les barrières linguistiques et socio-culturelles, les tensions interethniques, le racisme et la discrimination. La médiation interculturelle se définissant comme un ensemble d’activités destinées à éliminer ces obstacles au sein du système de santé.

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L’interprète-kaléidoscope ou le questionnement identitaire de l’interprète en santé mentale. Un état de la question

Delizée A. & De Ridder P. (2016), Université de Mons.

L’interprète en santé mentale est confronté à un conflit de rôle majeur, oscillant entre le statut de convertisseur linguistique neutre (exigé par la déontologie) et celui de médiateur culturel ou d’allié thérapeutique impliqué émotionnellement et cognitivement. Cette multiplicité de facettes en fait un « interprète-kaléidoscope » qui doit adapter son positionnement selon la situation. Pour apaiser ce conflit et optimiser la prise en charge, une collaboration étroite et un dialogue régulier avant et après les séances entre le thérapeute et l’interprète sont indispensables. Il appartient au thérapeute de clarifier ses attentes (traduction littérale, médiation, commentaires) et de garantir un cadre protecteur. L’objectif final est de créer une « diaculture professionnelle » — un espace de compréhension et de respect mutuels — permettant aux deux spécialistes de conjuguer efficacement leurs compétences.

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Santé mentale & interprétation : une collaboration interprofessionnelle riche de sens. Guide pratique à destination du thérapeute et de l’interprète

Delizée A., De Ridder P. & Bruwier N. (2021), Presses universitaires de Mons.

Ce guide pratique vise à consolider la collaboration interprofessionnelle entre le thérapeute et l’interprète lors d’une prise en charge psychothérapeutique bilingue. Bien que cette configuration modifie les habitudes du soignant et puisse être perçue comme un obstacle, une confiance mutuelle permet de transformer ce tandem en un cadre soutenant au service du patient.

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Un triangle pas si anodin : la clinique transculturelle avec interprète

Claessens M. (2016). Dans : Snoeck L. & Manço A. (coord.), Soigner l’Autre en contexte interculturel, L’Harmattan.

La clinique transculturelle avec interprète nécessite la reconnaissance des processus psychiques par l’ensemble des acteurs, incluant le clinicien, l’interprète et leurs institutions respectives. Pour garantir l’efficacité des soins et préserver la santé mentale de tous les intervenants, l’institution doit impérativement reconnaître l’interprète non comme un simple outil, mais comme un individu porteur d’une histoire, d’une sensibilité et d’une richesse psychique. Cette prise en compte globale est la condition essentielle pour amorcer un travail de réflexion protecteur à long terme.

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La co-construction de l’alliance thérapeutique, un enjeu de la formation des interprètes en santé mentale

Delizée A. (2025). Dans : À tradire.

La formation des interprètes en santé mentale doit intégrer l’apprentissage d’une implication interpersonnelle et émotionnelle mesurée. La littérature scientifique récente démontre qu’une telle implication est désormais jugée nécessaire à l’efficacité des soins en santé mentale.

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Guide d’utilisation du SétisW

SeTISw (s.d.). Se comprendre pour mieux s’entendre.

Le SeTIS wallon est l’unique service agréé et subsidié par la Région wallonne en interprétation en milieu social, comptant une quarantaine de professionnels qui réalisent environ 18 000 prestations par an en 22 langues. Ces interprètes suivent un programme continu de formations spécialisées (ethnopsychiatrie, droit des étrangers, MENA, paysage institutionnel belge). Exclusivement dédié au secteur non-marchand et aux services publics, le SeTISw poursuit trois missions majeures :
– Faciliter la communication avec les personnes d’origine étrangère en difficulté avec le français ;
– Soutenir l’accès aux droits fondamentaux et aux services publics ;
– Participer à une société inclusive en favorisant l’intégration de ces populations.

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